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GoAl, guerrier reptilien incorruptible – Chroniques reptiliennes volet 6

Découvrez dans ce récit l’esprit guerrier de GoAl, un reptilien incorruptible entièrement dévoué à la vérité. Dans l’inconscient collectif, un enseignant spirituel est nécessairement un esprit calme et doux. Mais ce n’est pas du tout le cas de GoAl. Faut-il pour autant en faire un monstre ?

Nous vous invitons à lire le 1er épisode des Chroniques reptiliennes pour savoir comment Ganji, médium et spirituel, est devenu l’élève de GoAl, un maître reptilien blanc.

Pour quelques toasts brûlés

Cela faisait six mois que nous étions ensemble Iori et moi et j’avais eu tout le loisir de découvrir sa personnalité: idéaliste, généreuse et profondément atteinte par le destin de l’humanité. Nous avions de longues et passionnantes discussions, nous ne nous quittions plus. C’était la première fois que je vivais une histoire aussi riche avec une femme. La spiritualité, le chamanisme, les états de conscience supérieure nous passionnaient tous les deux, sans oublier l’actualité.

À cette époque, l’importance de la méditation était selon moi fonction de sa capacité à produire chez l’être humain des états de perception supérieure et un détachement profond. Je croyais que ces états de conscience altérés constituaient la seule véritable forme d’élévation spirituelle qui soit et le seul moyen de parvenir à la quiétude profonde. Tout naturellement, je lui transmis mes techniques de méditation pour l’aider à juguler les excès d’humeur qui venaient régulièrement troubler notre entente.

Iori, qui connaissait et partageait mon lien profond avec la nature, voulut bientôt me faire découvrir sa maison de famille dans le parc naturel du Morvan en Bourgogne. Je découvris alors une région sublime parsemée de lacs majestueux (Les Settons notamment). J’avais l’impression de connaître cet endroit et que de grandes choses allaient s’y passer.

Néanmoins un matin au cours du petit-déjeuner, une histoire de tartine mal toastée déclencha chez elle une crise de colère.

“Je déteste les toasts cramés, c’est dégueulasse, fais chier! »

Elle se tourna subitement vers moi avec rage et me lança: « Et toi là ! Tu ne peux pas m’aider ?! Tu ne vois pas que je me brûle ?! ». Puis dans un cri hystérique elle envoya valser son assiette qui se brisa à mes pieds. Soudainement, son regard noir se figea, comme si elle avait réalisé son débordement, sa folie aveugle et destructrice. Elle avait une expression d’horreur mais aussi de crainte. Iori redoutait mes remarques et remontrances. Mais je ne l’épargnai pas et lui dit exactement en quoi cette conduite était inacceptable. Cette friction fit place au calme et je la vis, empourprée de honte, quitter prestement la pièce pour se réfugier dans le jardin. Je l’observais un moment s’affairer autour des parterres de fleurs que nous avions planté la veille.

Un peu attristé, j’allais me reposer sur la chaise longue et je laissais mes pensées se perdre dans les rares nuages qui traversaient le ciel de septembre. Je passais une bonne partie de la matinée allongé sur la terrasse à l’ombre d’un parasol. J’avais décidé que nous aurions Iori et moi une petite discussion dès son retour. Je m’attendais à une confrontation difficile mais une sorte de fatigue m’envahit et je m’endormis.

Quand je me réveillai il était un peu plus de 13h, j’avais dormi plus de 3h! Finalement je me levai et découvris Iori dans la cuisine assise, le visage couvert de larmes. Je remarquai que j’avais mal dans le dos et que je me sentais anormalement épuisé. Iori était calme quoique rouge d’émotion. Elle me sourit.

“J’ai dormi, qu’est-ce qui s’est passé?” lui dis-je.

Comprenant mon esprit confus, elle laissa passer un temps comme si elle réorganisait ses pensées.

Ensuite elle tourna la tête vers moi avec un regard intense et me dit:

Uns stature surhumaine impressionnante

“Tout à l’heure après notre dispute, je suis revenue du jardin et je t’ai vu sur la terrasse. Tu étais toujours sur le transat mais tu étais différent: tu paraissais massif, beaucoup plus grand. Ta présence impressionnante et surhumaine me rendait nerveuse, quelque chose en toi me dérangeait. À cet instant, j’ai eu l’impression qu’il ne restait plus rien de notre amour, que tout avait disparu. Je me sentais seule. Tout autour de moi s’était obscurci. Je ne savais plus ce que nous étions devenus. Ta tête était légèrement relevée, tes muscles semblaient plus épais, ton regard était perçant et là, tu m’as dit d’une voix grave et profonde: “On n’arrose pas les plantes sous le soleil!”.

Tu avais le regard désintégrateur, je sais que ça peut paraître totalement excessif, mais j’ai cru que tu voulais m’anéantir. J’ai été prise de peur et parcourue de sueurs froides dans tout le corps. J’avais envie de fuir, de t’échapper. J’avais perdu toute confiance en toi. Je te voyais comme un ennemi. Je me suis alors défendue en te racontant des choses qui n’avaient aucun sens mais auxquelles je croyais fermement. Au bout de 10 minutes, tu m’écoutais toujours avec ce même regard fort et tu m’as répondu calmement avec une voix ample et grave que je ne te connaissais pas: “C’est ça oui…”.

J’étais tellement parano que tes paroles me parvenaient déformées, et c’est comme si tu m’avais dis : « Tu n’es qu’une sale menteuse, tu passes ton temps à essayer de me tromper, tu es méprisable. ». Sur le moment ça m’a été intolérable car je pensais avoir toujours été honnête avec toi, je ne comprenais pas. Après tout, ça arrive dans tous les couples de s’emporter ! Mais au fond, je savais que j’avais été trop loin, quelque chose en moi avait été démasqué et un drôle de pressentiment m’envahit. Je ne savais plus quoi faire, je me sentais totalement perdue.

Je me suis alors enfuie dans les bois pour trouver une sorte d’abri ou de refuge. Plus je courais, plus j’avais l’impression que je ne pouvais pas me cacher, j’éprouvais une telle honte. Je me suis assise par terre et je me suis mise à pleurer beaucoup. Au bout d’un certain temps, je me suis relevée doucement, j’étais sereine et mon esprit était redevenu clair et objectif. Je me suis alors rendu compte qu’il était dans mes habitudes de dominer mes partenaires en créant ce type d’état de confusion. À chaque fois que je faisais une « crise », je me défendais avec d’interminables explications souvent aberrantes, qui avaient pour but d’embrouiller l’esprit de mon compagnon. Tous les vieux souvenirs me sont revenus d’un seul coup, toutes mes crises, toutes mes stratégies pour me disculper à tes yeux et échapper à ta lucidité implacable… j’étais capable d’une perversité que je ne soupçonnais pas! À présent tout était clair en moi, je fus prise de dégoût et j’en tremblai.

Je ne sais pourquoi, je me suis mise à ramper en direction d’un ruisseau et je me suis lavé le visage. Mes vêtements étaient tachés de terre humide. J’avais l’impression d’avoir été battue, mise KO. Mais au contact de cette eau cristalline, je me suis relâchée totalement. Je me sentais complètement apaisée. Ma peur de toi avait totalement disparu. Je comprenais que cette « présence » en toi, malgré son intransigeance et son aspect intimidant, était en fait là pour révéler et combattre le Mal. C’était une identité profondément spirituelle et virile, guerrière (il s’agit de GoAl, l’enseignant reptilien de Ganji).

En rentrant j’avais l’intention de tout te dire et de m’excuser mais tu dormais sur le transat, tu paraissais paisible. Ton corps et ton apparence n’était plus les mêmes.”

Plus tard dans l’après-midi, après le goûter, je m’isolai dans notre chambre où je m’assis en tailleur afin de méditer. Le retour à une conscience froide et objective fut pour moi un choc violent: je me rendis compte que GoAl avait pris corps en moi au cours de la matinée, précédant la confrontation avec Iori. Ce n’était pas moi qui m’étais confronté à elle, mais bien le Reptilien! J’étais rempli de frayeur et de reconnaissance. La situation avait pris un drôle de tour. Seul dans ma chambre, j’éclatai en sanglots.

Quand nous nous retrouvâmes Iori et moi, nous eûmes une longue conversation. Elle me fit part de ses prises de conscience et s’excusa platement, me remerciant chaleureusement de lui avoir transmis une telle dose de lucidité. Sans moi, elle n’aurait jamais eu conscience des forces et stratégies qui opéraient en elle. Elle en était encore toute honteuse. Je lui expliquai alors que c’était le Reptilien qui était intervenu, pour ma protection. Surprise, elle parut néanmoins soulagée. Elle m’avoua qu’elle avait d’abord cru à une entité malveillante, avant de réaliser la profonde intelligence de cette « présence » enseignante et révélatrice.

Cette conversation a cœur ouvert nous a ce jour-là enrichis et unis plus profondément encore. Après cela, Iori et moi sommes restés en silence toute la soirée, assis paisiblement sur la terrasse, sous la voûte céleste noire et étincelante. Je pouvais détecter une certaine appréhension en moi mais aussi le respect et une assurance toute nouvelle, comme si je partais en guerre. J’avais envie que le Reptilien m’explique comment tournait le monde, j’avais envie de faire appel à sa puissance pour le reste de mes jours. Il était tard, nous allâmes nous coucher.

Ganji et Iori

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