Santé corps et esprit

Comment s’ouvrir à la vie : les clés de la guérison sont en vous

Comment s’ouvrir à la vie ? Il n’y a pas de recette miracle, mais pour moi ce fut il y a 10 ans. Tout au bout d’une dépression sévère, qui a révélé en moi une combativité que je ne soupçonnais pas, j’ai reçu du ciel une guérison du cœur et de l’esprit spectaculaire qui a changé ma vie. Je la partage aujourd’hui avec vous car nous avons tous en nous la force de nous dépasser et des facultés d’auto guérison prodigieuses qui ne demandent qu’à se réveiller… 😉

Nous consacrons presque un tiers de notre vie au sommeil mais sait-on seulement combien de temps nous sacrifions à notre souffrance intérieure ? Nous passons en effet un nombre incalculable d’heures à souffrir, nous pensons (pansons), ruminons et tentons de comprendre : qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Nous nous levons mille et un matin avec le cœur pris dans une angoisse inexplicable, une sensation d’anéantissement total. Nous cherchons la force de nous lever, de nous « mettre en train » et une bonne raison de le faire. Pourquoi je ne ressens aucune joie ? Comment font les autres qui ont l’air si vaillants ? Quel est leur secret, la formule du Bonheur ? Nous nous affligeons constamment en silence, car la souffrance intérieure est une plaie honteuse que nous préférons dissimuler le plus souvent.

La dépression

Il y a plus de 10 ans, j’ai traversé une phase difficile de dépression, je ne voyais pas le bout du tunnel. J’ai beaucoup médité pendant cette période, beaucoup prié aussi. J’avais un besoin vital de faire le vide, de suspendre toute pensée, toute sensation, toute émotion car tout était devenu douleur en permanence. J’aurais pu prendre des antidépresseurs mais au fond de moi, je savais que cette crise avait du sens et que je devais en trouver la sortie par moi-même. Je refusais farouchement l’étiquette de « jeune-femme dépressive », les médicaments résonnaient en moi comme une condamnation définitive. Jour et nuit, j’ai vécu un corps à corps avec la souffrance insoutenable. Des mois et des mois durant. Parfois quelques éclats de lucidité venaient éclairer ces heures sombres. La méditation et la prière me permettaient en effet de m’observer de l’intérieur comme jamais. Je découvrais mes fonctionnements, mes réflexes sinistres, ma secrète fascination pour la mort. Certaines fois j’entrais au contact de quelque force morbide en moi: des créatures lascives et perverses s’animaient sous mes yeux, me tiraient à elle, m’envoûtaient. Je voyais bien comme elles s’y prenaient pour me maintenir durant la journée, dans une sorte d’auto-hypnose constante. Mais aucune illumination totale et définitive ne venait me tirer de ces limbes et je restais désespérément leur otage passive. J’attendais, semi-confiante, semi-résignée, plongée dans cette nuit sans fin seule avec ma douleur, que l’aurore vienne enfin.

Le réveil

Et cette aurore vint un soir d’automne. L’été qui devait m’apporter un regain de vie et de joie m’avait trouvée totalement froide et indifférente à ses ardeurs. Ce n’est qu’au début de l’automne, saison où tout se décompose, que me vint finalement la révélation tant attendue. J’aurais pu souffrir encore jusqu’à me désintégrer complètement sous l’effet de cet acide corrosif mais j’en avais plus qu’assez. Il y a quelque chose de stupide à s’obstiner dans la douleur et à contempler sans rien faire l’anéantissement de soi. De toute façon la réponse ne venait pas. Il fallait donc que j’y mette un terme par ma propre volonté, même si je devais avoir recours à la ruse ou à la simulation. Tout d’abord, je décidai d’ignorer la douleur tout bonnement. J’entrai dans un bras de fer constant, qui devint même amusant au fil des jours. Je fis de la souffrance un tremplin spirituel. Je commençai à démystifier la douleur, son obstination ridicule à me mettre chaos, ses stratégies sournoises. Le soir, je méditais et priais avec toujours plus d’intensité. Je m’étais enfin réveillée.

La guérison spirituelle

Un soir où je savourais depuis quelques minutes le silence total qui s’était fait dans mon cœur et mon esprit, et qui me soustrayait au puissant magnétisme de ma négativité coutumière, un soubresaut intérieur m’avertit que la Kundalini, puissante énergie de guérison et de connaissance, allait venir. Ce n’était pas la première fois que la sublime manifestation de la Source se présentait à moi. J’avais vécu des expériences guérisseuses et initiatiques magnifiques en sa compagnie, mais la dépression m’avait presque fait oublier sa bienheureuse existence ! Je dus attendre encore un certain temps en m’efforçant de maintenir mon esprit tranquille et silencieux. Je sentis enfin la céleste Kundalini se lever en moi : légère, joyeuse et vigoureuse. Lorsqu’elle parvint au sommet de mon crâne, une libération soudaine s’opéra au niveau du chakra coronal, pareille à un bouchon de champagne qui saute. Une fontaine d’énergie vive et fraîche en jaillit et m’inonda toute entière, il me semblait qu’elle retombait en pluie sur mes épaules et pénétrait chacune de mes cellules pour les nourrir. Mon cœur s’était ouvert lui aussi, grand comme l’Infini, et laissait entrer un flot d’amour profondément réparateur qui me parvenait de la Source de toute chose.

Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été.

Albert Camus

En réponse à mes prières répétées, j’entendis de façon très distincte : «  Tu as condamné ta propre Source ». Ces mots me percutèrent immédiatement. Je compris que j’avais censuré depuis toujours ma propre essence : mon âme ! J’avais condamné toute forme d’expression possible de mon identité profonde et éternelle, j’avais interdit qu’elle se montre en public, je lui avais ordonné le silence en toute circonstance. J’étais devenue insignifiante et transparente. La Haute Sagesse poursuivit : « De vie en vie, tu as été réduite au silence par la violence. Telle une esclave, tu as été marquée au fer rouge. Mais à présent, vois à quoi cette condition t’a réduite. » Je vis alors défiler sous mes yeux toute ma vie ou presque. Je me voyais si petite ! Réduite à presque rien, tous mes dons sacrifiés, les uns après les autres. Quel gâchis quand tant de beauté et de potentiel sommeillait en moi. Le monde, les personnes que j’avais côtoyé depuis mon enfance jusque dans ma vie professionnelle, ma famille, mes intimes, ne connaissait absolument rien de moi. Je ne me montrais pas, je ne me donnais pas, ni à la Vie, ni à qui que ce soit. J’en fus sidérée. Je ne vivais pas, je me cachais ! Je me jurai au plus profond de moi de mettre fin au règne du silence, de la honte et de la peur. Cela prendrai du temps mais j’étais prête à franchir le pas. Better the grave than a slave ! Ce graffiti, croisé quelques jours auparavant dans la rue, et qui m’avait fait si forte impression, me revenait à présent en tête, telle une vérité foudroyante, sans pitié pour ma lâcheté.

S’ouvrir à la Vie

Les jours qui suivirent une explosion de vie terrassa ma détresse et tous mes blocages. Je jubilais, pour un oui pour un non. Une punch incroyable me faisait déplacer des montagnes et je savourais à chaque instant ce nouveau dynamisme dont je me croyais incapable. J’étais méconnaissable. S’ouvrir à la vie, c’est-à-dire vivre sans retenue, sans limite, sans peur et sans honte, avait un pouvoir d’anéantissement absolu sur ma négativité intérieure. Bien sûr, cet état de grâce quasi extatique ne perdura pas dans le temps avec cette intensité mais il sema une graine puissante en moi qui s’enracina et donna naissance tout en douceur à une plante radieuse : une nouvelle énergie et philosophie de vie. Les années qui suivirent, je me vis changer. Pas de façon radicale et spectaculaire, nous ne sommes pas dans un conte de fée, mais je vous parle d’un vrai changement. Tout ce qui est puissant est lent, m’a un jour dit un véritable ami1. Observe bien le rythme de la nature ! Oui, j’ai bel et bien changé, et continue de le faire, lentement mais sûrement.

Je me suis mise à vivre avec une intensité très différente, je ne pensais pas que c’était possible auparavant car j’avais une vision si étriquée de moi-même que mes actions ne généraient aucune énergie de vie et de joie. J’étais une personne triste et fermée, condamnée à répéter jour après jour les mêmes activités dépourvues de tout intérêt et à stériliser toutes mes rencontres. Je vivais en zombie. Depuis dix ans, j’ai tout repris à zéro, j’ai voulu voir les choses en grand cette fois et j’ai construit en moi une nouvelle philosophie : chaque jour de mon existence, je tends dorénavant vers le « toujours plus grand », plus grand que soi, grand comme la Vie. Il faut ouvrir, élargir notre espace vital, notre champ de vision, notre champ de possibles, notre champ d’expression, nous impliquer toujours plus dans tout ce que nous entreprenons et dans nos relations, même les plus insignifiantes, il faut être beaucoup plus présent !

Bref, depuis cette crise existentielle, une merveilleuse guérison spirituelle s’opère en moi jour après jour. Je suis enfin sortie de ma coquille et de mon anonymat et la vie n’a plus du tout la même saveur. C’est drôle, moi qui me sentais si seule et incomprise partout où je me trouvais, je ne le suis plus jamais. La société n’est pas idéale certes, la méchanceté et le vice sont toujours aussi présents, mais j’ai appris à voir la bienveillance aussi ! J’ai découvert qu’on peut partager un éclat de rire avec un inconnu croisé au coin de la rue ou dans un café. Enfermée en moi-même pendant plus de 25 ans, je ne voyais des autres que la menace qu’ils représentaient pour mon cocon de surprotection. Chaque jour le mur s’effrite un peu plus. Le dialogue a été rétabli, pour le meilleur et pour le pire. Mais Dieu, que la vie m’est plus douce et plus chère, depuis que je me suis ouverte à la Vie !

Iori

1Je fais référence à Ganji

Développement personnel, Santé corps et esprit,
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