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Rite de passage Anankea: la renaissance spectaculaire de Jean-Daniel

Jean-Daniel, ingénieur en génie civil de 38 ans, en avait assez de la dépression chronique. Il rêvait de renaître à travers un véritable Rite de Passage initiatique. C’est chose faite.

À nos côtés, il a vécu durant plusieurs semaines un rite de passage qui s’est achevé par une prise d’Iboga au Portugal. Dans ce témoignage il se remémore une expérience puissante, totalement transformatrice, d’un bout à l’autre de son parcours, un moment de guérison intense et de renaissance qu’il nous raconte avec émotion. Vous découvrirez son expérience en bas de cet article mais auparavant, il nous semble utile d’introduire brièvement cette notion : qu’est-ce qu’un rite de passage exactement ? Sa fonction, son importance, son caractère sacré dans la vie d’un être humain.

Le Rite de Passage : un moment existentiel crucial

Dans une société en perte de sacré, les expressions rite de passage ou encore « rituel », ont perdu tout leur sens. Utilisés à tort et à travers pour vendre du rêve ou des pack de produits de bain, certaines marques ont très vite compris comment tirer parti de notre besoin fondamental de nous reconnecter aux rites de passage et rituels qui ponctuaient jadis l’évolution d’un individu au sein de sa société. Mais les rituels peuvent également revêtir une connotation négative aux yeux de ceux qui défendent une compréhension plus scientifique et rationnelle de l’existence. Sigmund Freud qualifiait le rituel religieux de « névrose obsessionnelle » et depuis, les rituels de passage sont souvent perçus comme des pratiques primitives, fondées sur de fausses croyances.

Toutefois le rituel initiatique, aussi appelé « Rite de Passage », est bien plus qu’une simple activité névrotique ou pseudo magique, dépourvue de sens et d’efficacité. Le Rite de Passage est au contraire extrêmement sensé et son rôle est déterminant. Nos sociétés soufrent d’ailleurs de leur absence et c’est ce que nous montre le témoignage de Jean-Marc, qui a participé au Parcours initiatique Anankea dans son intégralité pour prendre les plantes chamaniques sacrées à nos côtés, au Portugal. Il qualifie lui-même ce qu’il a vécu, du début à la fin de son aventure, de rite de passage hautement initiatique. Mais avant de vous livrer son expérience, revenons quelques instants sur que nous appelons rite de passage.

Qu’est-ce qu’un rite de passage ?

Le but du rite de passage est d’opérer une importante transition dans la vie d’une personne. Dans les sociétés religieuses ou tribales, les rituels de passage ponctuent l’existence de l’individu du berceau jusqu’à sa mort (funérailles). Le rite de passage initiatique opère chez la personne une transformation profonde et irréversible puisqu’au terme de l’initiation, celle-ci quitte définitivement son état habituel pour endosser un nouvel état, un nouveau statut, celui d’initié, ayant perdu au cours du processus sa naïveté d’enfant « ignorant » et acquis de nouvelles connaissances et compétences.

Les rituels initiatiques font depuis toujours partie intégrante de chaque société à travers le monde et ils suivent toujours le même déroulement. En effet, au sein de l’incroyable variété de cultures existantes, nous pouvons trouver de nombreux points communs dans la façon dont le rite de passage se structure. L’anthropologue français Arnold Van Genne (1873–1957) s’est fait connaître pour ses analyses des Rites de Passages. Dans son livre Les Rites de Passage (1909), il montre que ces rituels sont structurés en 3 phases : la Séparation, la Transition, la Réincorporation. Dans un premier temps, le rituel initiatique soustrait le candidat à la société, son ancien monde (séparation), il le transforme, l’enseigne, le fait mûrir et « mourir » à lui-même (transition), avant de le restituer à la communauté sous une nouvelle identité, doté d’un nouveau statut et de nouvelles connaissances (réincorporation).

Rite de Passage : du spirituel au profane

À l’origine, les rites de passages initiatiques revêtaient une dimension sacrée, ils étaient d’ordre religieux et spirituels, mais avec la sécularisation de nos sociétés de nouvelles formes de rites de passage ont surgi, profanes, elles ne connectent plus avec la dimension spirituelle. Malgré tout, le Rite de Passage pratiqué dans un contexte religieux ou tribal subsiste, comme c’est le cas du baptême dans la religion catholique, ou encore du saut du Gol dans le rituel Vanuatu.

Le saut du Gol rite Vanuatu

Parmi les rites passage profanes, on peut citer le bizutage, pratiqué par certaines écoles privés et universités, ou encore la cérémonie de remises de diplôme qui fait souvent l’objet d’une grande cérémonie. De même, de nombreux clubs privés et sociétés secrètes possèdent leur propres rites initiatiques. Cependant la dimension sacrée dans laquelle le rite de passage tribal propulse l’initié est incomparable avec la portée des rites de passage profanes.

Selon la vision et l’expérience Anankea, un véritable rite de passage devrait toujours être initiatique et spirituel, c’est pourquoi nous proposons une initiation complète aux personnes qui viennent prendre les plantes chamaniques à nos côtés. La prise des plantes constitue ainsi la dernière étape du parcours initiatique Anankea, qui a été mûrement préparée.

Le Rite de Passage initiatique : à quoi ça sert ?

Le rituel de passage initiatique n’a évidemment rien à voir avec une activité névrotique et vide de sens. Nous sommes ici dans le domaine du sacré. Le véritable rite de passage invite l’initié à une mort symbolique, pour atteindre un statut particulier qui l’accompagnera et le caractérisera le restant de sa vie. Au sortir de l’initiation, l’initié ne sera jamais plus le même. Ainsi, le rite de passage initiatique met à mort l’ancien moi et voit renaître un nouvel être : l’initié, un individu plus mature et plus « savant ».

À travers certains actes, le candidat va passer par une mort symbolique et, dans le meilleur des cas, éprouver un sentiment de mort imminente. Face à sa mort, son égo résiste et se débat mais le véritable initié a le courage d’abdiquer, de laisser aller son ancien « moi » pour passer de « l’autre côté ». À ce moment là, il est invité à un « voyage » au cours duquel il rencontre la réalité invisible, celle qui sous tend et explique l’existence de toute chose. Il peut également rencontrer des esprits guides, son animal totem ou encore une figure religieuse puissante comme celle du Christ. Il revient souvent de son voyage bouleversé, il a rencontré sa vérité et en a retiré des messages puissants, des compréhensions qui le transforment radicalement, on lui transmet parfois même un nouveau nom : son nom d’initié.

Selon les circonstances et les nécessités, un rituel de passage peut avoir différentes fonctions :

  • La communication : pour rendre possible la communication entre le monde sacré et le monde profane, et ramener de l’au-delà des messages ou des visions
  • La reconstitution : pour accompagner les cycles cosmiques ou saisonniers, tels que Pâques ou Noël
  • La commémoration : pour se rappeler un événement, bon ou mauvais, qui a pu avoir lieu dans la vraie vie (le monde physique) ou dans la mythologie
  • Le nettoyage : pour harmoniser la dimension sacrée et la dimension profane en purifiant l’initié. Ces rituels améliorent la qualité spirituelle, humaine et énergétique de l’initié
  • La promotion ou la protection : pour s’assurer, par exemple, que l’âme de la personne décédée soit guidée correctement dans sa vie après la mort avec des funérailles ritualisées
  • L’initiation (Rite de Passage) : pour guider l’individu d’un état vers un autre, à travers un processus de transition et de transformation

Comme vous allez le découvrir avec le témoignage de Jean-Daniel, le rite de passage Anankea fait intervenir ces 3 fonctions : la communication (passage vers le monde invisible et sacré), le nettoyage et l’initiation.

Rite de passage : la fabuleuse expérience de Jean-Daniel

Je traversais une grosse phase de dépression et je n’en voyais pas le bout. Je me suis souvenu de ce livre que mon meilleur ami m’avait un jour mis dans les mains, un bouquin qui parlait des rituels de passage dans la tradition Bwiti au Gabon. J’avais été très impressionné par le témoignage du type qui était là pour guérir son incapacité à être heureux et à trouver le sens de sa vie avec l’Iboga, une plante sacrée africaine. J’ai tapé le terme « Iboga » sur Google et je suis tombé sur le site de Ganji et Iori, qui m’a tout de suite paru sérieux. Après quelques tergiversations j’ai mis en route le processus. Mais ce que je croyais être une simple thérapie au départ, s’est en fait révélée un rite de passage hautement initiatique !

Rituel Bwiti (Gabon)

Pour commencer, Ganji et Iori m’ont doucement amené à me déconditionner, ils m’ont transmis des outils pour que je puisse me connaître mieux, ça m’a permis de remettre en question pas mal de mes certitudes, de me voir autrement, de débloquer des choses. J’ai dû quitter mon petit monde sécurisant et plus j’avançais, plus je voyais mon égo, ses travers, ses petites stratégies, ses résistances… Moi qui me croyais victime, j’ai découvert que c’était un peu plus compliqué que ça !

Petit à petit le monde m’est apparu sous un nouveau jour également, Ganji et Iori m’ont mené progressivement de l’autre côté du miroir, pour voir la réalité invisible.

Pour reprendre la formule de Castaneda, le monde m’apparaissait de plus en plus « incommensurable et effrayant » mais au moins ça devenait palpitant, magique.

Tout prenait un autre sens, tout s’expliquait. Je me suis moi-même révélé bien différent de ce que je m’imaginais, j’ai vu un nouveau moi surgir, peut-être plus dérangeant mais tellement plus vrai, plus réel et plus vibrant. Plus mature aussi.

Lorsque je suis arrivé en séjour au Portugal pour prendre les plantes chamaniques, je n’étais déjà plus le même, « l’imbécile intelligent », comme je me qualifiais, avait disparu ! Pour Ganji et Iori ça signifiait que j’étais fin prêt. Et l’Iboga a récompensé mes efforts puisque j’ai été gratifié par une plongée au cœur de ma dépression ! Mais ils m’avaient prévenu que pour guérir vraiment j’en passerai par là, ils m’avaient dit de tenir bon, d’avoir confiance en la plante. Pendant la préparation aux plantes, l’accompagnement, ils m’avaient enseigné une façon d’aborder la méditation complètement nouvelle pour moi, ça m’a permis de dépasser l’affolement du mental et de vivre toute l’opération beaucoup plus sereinement.

Lorsque les effets de l’Iboga ont commencé, je suis entré dans une semi transe et j’ai aperçu une petite barque, il y avait comme une présence à ses côtés, bienveillante et rassurante.

J’ai senti qu’elle m’invitait à monter à bord. J’ai compris que le voyage commençait. Au loin, il y avait un coucher de soleil magnifique, ce qui était plutôt inspirant, mais la barque flottait sur des eaux noires abyssales, je n’étais pas rassuré. La présence m’a soufflé qu’il s’agissait de ma dépression et que j’allais devoir explorer ces eaux un petit moment si je voulais guérir. Je suis monté dans la barque sans hésiter parce que Ganji et Iori m’avaient dit d’être courageux, que je devrais affronter ce qui me fait peur et rester confiant. Un sentiment de mort m’a saisi très fort au moment où j’ai pris place dans la barque mais j’ai su que c’était bon signe, j’avais entendu parler de ce genre de sentiment de mort imminente avant de renaître, ça m’a encouragé.

Les eaux sont devenues une sorte de masse, de magma obscur, et la petite barque s’est dirigée tout droit dedans. Ce qui était noir au départ s’est peu à peu transformé en un flot d’émotions, à mesure que mon esprit perçait et forait la masse compacte, j’explorais une à une, avec une intensité extrême, toutes les émotions que je subissais depuis des années et qui faisaient irruption dans mon quotidien quoi que je fasse : la morosité, les crises d’anxiété extrême, la peur, l’abattement, la désolation, le sentiment d’être nul et que tout ce que je faisais ne servait à rien, le cœur qui s’emballe, les palpitations incompréhensibles… C’était fascinant de passer de l’autre côté du miroir, de voir que toutes ces émotions irrationnelles ont une existence bien réelle dans le monde invisible, dans la dimension énergétique, et que je ne souffrais pas pour rien, je n’étais pas fou.

Quand je suis parvenu au centre de la boule noire, j’ai commencé à avoir des visions, elles s’enchaînaient très rapidement. J’ai vu mes parents avec des têtes de dragons, mes également beaucoup de choses qui m’étaient complètement étrangères, des scènes et des personnages qui ne semblaient pas appartenir à ma vie, comme des mémoires… certaines scènes étaient violentes, d’autres tristes. L’esprit de la plante envoyait son énergie lumineuse et guérisseuse dans tout ça et au bout d’un certain temps j’ai senti que la « masse noire » avait été complètement imbibée de lumière et purifiée, il n’en restait plus rien.

La présence lumineuse et bienveillante est réapparue et s’est tournée vers moi avec un regard très intense, elle m’a demandé : « Jean-Daniel, es-tu prêt à t’ouvrir à la vie maintenant ? À t’ouvrir et à honorer la Vie ? ».

J’ai compris que toutes ces années je m’étais complu dans des idées noires, j’avais été complice de la dépression et de cet esprit morbide qui m’habitait. Je me suis senti honteux mais un cri jubilatoire a retenti du fond de ma poitrine et, à ma grande surprise, je me suis entendu hurler de joie : « OUI JE SUIS PRÊT ! ». Satisfaite, l’entité céleste s’est muée en un flot de lumière extraordinaire qui a déferlé en moi comme un torrent, j’étais traversé de toute part par ses rayons lumineux. Tout à coup, j’ai senti de l’air pur jaillir et s’engouffrer en moi comme si on avait ouvert une fenêtre donnant sur une vaste plaine montagneuse ensoleillée. Je sentais la vie partout en moi, j’étais dans un bien-être absolu, je pétillais.

Je suis resté un long moment comme ça, plusieurs heures. C’était la première fois depuis des années que je n’avais pas vécu une telle « trêve » dans ma souffrance quotidienne. À la douleur absolue succédait la béatitude totale, c’était inouï comme sentiment. Je me suis senti profondément reconnaissant envers la vie, envers tout ce processus, envers Ganji et Iori, envers l’Iboga et la dimension céleste qui venait de me ressusciter complètement!… j’étais plein d’amour à en déborder. Et depuis, inutile de préciser que la dépression n’est plus revenue. Depuis que j’ai été libéré de cette dépression et que j’ai sciemment choisi la vie, l’énergie de vie me porte à chaque instant, me stimule, m’inspire dans mes projets, mes relations… mon réel potentiel émerge, moi qui me croyait nul et vide, je suis en plein essor, en permanente ébullition. Ma vie et ma façon de l’envisager n’ont absolument plus rien à voir.

Jean-Daniel

Article et propos recueillis par Iori

Sources:

Cet article s’inspire de notre expérience ainsi que de l’article The Social Importance of Rites of Passage and Initiations du Dr en philosophie Peter Prevos qui a lui-même pris comme références :

Freud, Sigmund (1907). Obsessive Actions and Religious Practices.

Moore and N. Habel, On religion related to education, (Adelaide: SACAE, 1982), p. 204–209.

D.J. Kennedy, ‘The Sacraments‘, in Catholic Encyclopaedia, (New Advent, 2001).

Brain, R. (1979). Passage to Adulthood. In Rites Black and White (pp. 125–149). Ringwood: Penguin.

Livre cité par Jean-Marc dans son témoignage: Castaneda, La voie du Guerrier, de Bernard Dubant et Michel Marguerite, aux éditions Guy Tredaniel

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